Métavers – futur des relations interpersonnelles?

Par Marie-Laurence Garon et Sarah Lamarre

Second Life, Fortnite, Roblox et maintenant Meta sont des métavers ou en voie d’en devenir. Lorsqu’on combine meta, un préfixe d’origine grecque qui signifie « niveau supérieur », avec univers on obtient métavers ; un monde virtuel fictif, maintenant souvent associé à la réalité augmentée ou virtuelle. Avec les changements qui arrivent pour Facebook (qui devient Meta), plusieurs questionnements surgissent. Nous explorerons le sujet des métavers et de leurs effets sous plusieurs aspects dans cet article.

Les méta-quoi?

Comme mentionné plus haut, le terme métavers est une contraction entre les mots méta et univers. Ces univers virtuels peuvent représenter la réalité ou être complètement fictifs. Ils permettent à des usagers d’interagir socialement et quelques fois de façon économique. 

Les utilisateurs créent un avatar qui leur ressemble ou non et peuvent se déplacer dans les mondes virtuels. Dans un métavers comme Second Life, ils peuvent littéralement former une deuxième vie : avoir des relations, des amis, des animaux, etc.

On peut accéder aux métavers à l’aide d’applications mobiles, d’un casque de réalité virtuelle, etc. Même bientôt avec des lunettes d’apparence normale. Les lunettes Nazare sont un projet toujours en développement de Meta qui nous permettront de consommer de la réalité augmentée de façon discrète n’importe où. 

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Meta
Metaverse

Zuckerberg parle d’intégrer des éléments de notre environnement réel dans le virtuel lorsqu’il présente son nouveau projet. C’est déjà une avancée remarquable si on compare Meta à Second Life, Fortnite ou Roblox.

Une ouverture sur le monde

Les métavers peuvent avoir de nombreux effets positifs tant sociaux que psychologiques. Les métavers comme Second Life permettent aux usagers qui peuvent éprouver certaines difficultés relationnelles de socialiser plus facilement. 

D’abord, en se créant son propre avatar, l’utilisateur devient qui il veut, l’imagination est la limite du possible. Les individus qui vivent avec des troubles de santé mentale tels que la dépression, l’anxiété ou même un handicap physique peuvent s’en libérer et être quelqu’un d’autre dans les métavers. Puis, ils peuvent trouver des communautés qui leur ressemblent et discuter de leurs problèmes. Puisque c’est une plateforme en ligne, c’est ainsi plus facile de parler de ses émotions à des inconnus qui ne sont pas au courant de notre passé.

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Ensuite, les métavers faciliteront aussi la vie des personnes immunosupprimées, en leur permettant éventuellement d’essayer des vêtements digitaux, aller à des concerts en ligne, travailler avec leurs collègues dans un bureau virtuel, etc.

Les utilisateurs peuvent aussi se développer personnellement grâce aux métavers. Plusieurs écoles et universités ont même créé des campus sur Second Life afin de promouvoir l’éducation. 

Après, ces plateformes donnent un accès facile au reste du monde à tous les usagers. Elles permettent d’apprendre sur d’autres cultures et visions du monde. Ça leur permet d’ouvrir leurs horizons.

Vers la déshumanisation

Au départ, une des inquiétudes généralisées par rapport à la portée grandissante des métavers est la cueillette de données personnelles. Il va sans dire que si une personne crée un avatar et « vit » à travers celui-ci, par exemple en travaillant dans un bureau virtuel, chez elle, en revêtant un dispositif comme des lunettes de réalité augmentée (remplies de capteurs, microphones, etc.), la compagnie fournissant le service du métavers aura accès à un nombre de données monumental. 

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Qu’arrivera-t-il si ces données sont volées ? Les malfaiteurs auraient accès à une carte complète et détaillée de l’intérieur de la demeure, des objets de grande valeur, des documents importants ou confidentiels, etc. 

Ensuite, un autre des dangers des métavers qui croissent en popularité est la perte des contacts humains « physiques ». Il est facile d’imaginer que dans une décennie, une grande partie de la population utilisera ces univers au quotidien. Puis peut-être n’aurons-nous plus à nous déplacer pour « aller » au bureau, faire du magasinage, faire des activités entre amis, etc. 

Il sera simple de créer un avatar avec des apparences trompeuses et de truquer des gens de l’autre côté de la planète. Mais quand allons-nous avoir des contacts humains physiques ? L’humain a besoin de ces moments de chaleur humaine. Il sera facile, surtout pour les prochaines générations qui seront habituées à vivre à travers des écrans, de se refermer sur soi et de ne plus avoir aucun contact avec de « vraies personnes ».

Quoi en penser?

En bref, les métavers restent un sujet à surveiller. Ils apporteront une toute nouvelle vision des réseaux sociaux avec plusieurs avantages, mais pourront facilement être nocifs s’ils sont mal contrôlés et sécurisés. Cette technologie va continuer de grandir de façon exponentielle dans les prochaines années, surtout avec Meta qui emboîte le pas et on peut se douter que plusieurs compagnies vont suivre.

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