Sexualité et popularité sur les réseaux sociaux

Avant l’émergence des réseaux sociaux, on associait souvent la popularité chez les jeunes au statut social et à l’apparence physique. Comme les stéréotypes de films américains le démontrent souvent, l’adolescence est une période difficile pour les jeunes, surtout pour ceux qui sortent de la norme. Malgré le fait que la culture populaire semble avoir évoluée depuis, certaines choses ne changent jamais. Certains facteurs peuvent énormément influencer la facilité de notre parcours jusqu’à la popularité. Auparavant, l’appartenance à une clique ou un certain look garantissaient presque le statut social, désormais, ce dernier semble avoir plus rapport avec la présence en ligne. Ainsi, cette présence en ligne avec l’augmentation de publication osées, et ce, de plus en plus jeune, illustre un problème grandissant.

GIF tiré d’un extrait du film pour adolescents sorti en 2004 intitulé Mean Girls

Popularité vs popularité en ligne

La popularité en ligne est un nouveau concept né dû à l’apparition des plateformes socionumériques. Il partage beaucoup de similitudes avec la notion de popularité qui nous est familière : celle d’être aimé, admiré et supporté par nos pairs. La seule différence étant qu’une est beaucoup plus accessible que l’autre. En ligne, il est plus facile de joindre plusieurs personnes et de se faire connaître grâce à du contenu viral. Ainsi, certains sont prêts à tout pour y arriver, comme montrer leurs corps sur internet et se sexualiser pour la validation des autres.

Le corps des femmes: outil de monétisation

Capture d’écran faite à partir de l’application TikTok

Il ne sert à rien de nier le fait que la sexualité est aussi vieille que l’est notre monde. Par contre, celle-ci, tout comme l’univers des médias, évolue à travers le temps. C’est ainsi qu’elle est devenue plus populaire, moins censurée et plus accessible pour les jeunes. Globalement, on peut dire que les publications à connotation sexuelle sont l’une des évolutions de la sexualisation découlant des médias.

Il est important de noter que la nouvelle forme de pornographie discutée ici est la soft porn. Son origine s’explique en partie grâce à l’évolution des médias dans la société et à la normalisation de la sexualité en ligne. La soft porn est un genre de pornographie moins explicite que celle des films pour adultes qui varie sur trois plans: le marketing, la validation et l’agenda politique. Ainsi, la relation de l’hypersexualisation dans les médias relève de l’exposition du corps des influenceuses par elles-mêmes. Leurs motivations peuvent être multiples, on peut penser entre autre à des raisons publicitaires, pour attirer des sponsors ou sous prétextes artistiques, professionnels ou d’appréciation de soi. L’utilisation du corps est également une tactique qui est utilisée pour faire passer un message.

Tweet de l’utilisatrice @LatinaCasanova sur le logiciel Twitter

Le cas d’Instagram

Lorsqu’on pense à une plateforme où la sexualisation de la femme est très évidente, beaucoup ont déjà en tête Instagram. C’est un réseau social extrêmement populaire où les utilisateurs publient majoritairement du contenu sous forme de photos ou vidéos, et très souvent, des égoportrait ou selfies. C’est à travers cet usage de la plateforme qu’un phénomène intéressant ressort : la sexualisation de soi. Sans étudier l’éthique de ce phénomène, il reste pertinent de comprendre comment des plateformes de la sorte agissent sur la psychologie de ses utilisateurs, en particulier les femmes. En effet, selon une étude récente, la tendance semble relever une quantité plus importante de publications osées chez les utilisatrices. Non seulement celles qui aimaient publier des photos sexy considéraient généralement moins ces dernières comme provocatrices, mais en plus, elles avaient tendance à consommer elles-mêmes ce genre de contenu et à l’aimer.

Capture d’écran faite à partir du compte Instagram d’une influenceuse

L’impact sur les utilisatrices

L’impact négatif que les réseaux ont pour les jeunes vis-à-vis leur image corporelle

Pour démystifier l’impact de l’exposition quasi constante à ce type de contenu, une étude a tenté d’illustrer le lien entre consommation de publications osées et confiance en soi chez les femmes. Les résultats démontrent chez les utilisatrices une montée de l’insatisfaction envers leur propre apparence. De plus, selon une étude, les commentaires positifs ne semblaient pas avoir de véritable impact sur les participantes. La nature visuelle d’Instagram met l’accent sur les photos publiées plutôt que les commentaires, les images qui favorisent donc la comparaison, et non l’opinion de chacun sur celles-ci. Cependant, les nombreuses études tentant d’éclaircir les liens entre ces images et le taux grandissant d’insécurités chez les femmes dans les réseaux sociaux, on ne connait pas encore l’impact véritable de ce culte du corps et de la sexualité.

Sara-Anh Melançon, Camille Allaire et Samuel Tanguay

Bibliographie

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https://doi.org/10.3389/fpsyg.2021.716417

Rédigé par Camille Allaire, Sara-Anh Melançon et Samuel Tanguay

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