Twitter : le tribunal en ligne

La “justice” en ligne

Selon la définition de Ross Douthat du journal New York Times, la notion de « dénoncer quelqu’un » s’explique par une attaque en ligne sur la réputation de quelqu’un en raison de ses actions ou de ses valeurs morales.

Effectivement, dans la sphère des médias sociaux, plus particulièrement au niveau de Twitter, ce concept se décrit plutôt comme l’action « d’intimider » quelqu’un. Par exemple, une personne impliquée dans un événement qui a récemment suscité de la controverse, en partageant des images, des commentaires dégradants ou des opinions exagérées dans le but de devenir viral.

Par conséquence, ces actions font en sorte que les autres utilisateurs de la plateforme se font une idée négative de la personne dénoncée (on dira de cette personne qu’elle s’est fait « cancelled »).

Les jurés de Twitter

Effectivement, le concept de « psychologie de groupe » n’a rien de nouveau et n’est pas original aux médias numériques et aux plateformes de médias sociaux. D’ailleurs, selon Kristen Polito du Inpathy Bulletin, il se définit par « la tendance qu’une personne peut avoir a adhérer à une idée ou une opinion basée sur celle de son groupe d’influence. »

Cependant, sur Twitter, certains cèdent à la pression de leurs pairs. Les autres utilisateurs de la plateforme et de leur communauté virtuelle commune portent un jugement sur les personnes dénoncées purement basée sur l’opinion publique du moment, peu importe si les dites « accusations » ou les dires controversés sont vrais ou non. En effet, sur les plateformes où la mentalité de groupe est si carabinée, il est facile de porter un jugement émotif.

Exemples :

Tout d’abord, nous prendrons en exemple les grands fanatiques de Kpop (Korean pop). Notamment, les fans se retrouvent via Twitter et se réunissent parce qu’ils ont une passion pour le pop coréen. Les plus grands noms dans le monde du Kpop sont BTS, Loona et Blackpink pour en nommer quelques-uns. Les fans de ces groupes ont tendance à être assez extrêmes dans leurs commentaires. Effectivement, on parle ici d’attaques personnelles sur quiconque ose parler en mal de leurs idoles, sans exclure des personnalités connues.

Un type de tweet qu’on voit frequemment sur les commentaires de comptes populaires

Ensuite, un deuxième exemple de la culture de dénonciation plus récent est le cas de la célèbre auteure JK Rowling. En effet, elle s’est récemment trouvée dans l’eau chaude suite à plusieurs tweets de nature transphobe. L’auteure de la série Harry Potter a également publié un article appelé TERF (trans-exclusionary radical feminists) Wars. Il s’agit d’une lettre expliquant qu’elle a aimé un tweet par accident, avant d’aller elle-même écrire des tweets de cette nature, semant la controverse. Ces tweets aimés par l’auteur étaient hautement transphobes et violents, tout comme sa lettre.

Ainsi, en réponse aux actions de l’auteure, les fans de la série Harry Potter sont choqués par ses propos. Celle-ci verra venir les milliers de tweets négatifs à son égard peu de temps après. 

Twitter, après les tweets de JK Rowling

Réfléchis avant le gazouillis

Donc, après avoir passé un certain temps sur les plateformes de médias sociaux, il est facile de comprendre une chose. D’abord, il est important de ne pas prendre à la lettre tout ce qui est dit sur le Web.

En effet, même si une masse importante de gens s’est rassemblée autour d’une idée qui peut sembler forgée sur une base cohérente, il est toujours préférable de faire ses recherches sur le sujet avant de se bâtir une opinion définitive sur l’événement ou le personnage controversé.

De plus, il est aussi crucial de comprendre que l’opinion du public face à une nouvelle est bâtie sur une fondation d’émotions fortes. Nous réagissons émotionnellement à une nouvelle pour ensuite prendre le temps d’y réfléchir et arriver à une conclusion plus pertinente. Ainsi, les émotions sont centrales à notre vision du monde, elles sont à la base du raisonnement derrière nos décisions. (Mohammad 2018: p.198) Les médias sociaux font davantage place aux émotions de ses utilisateurs plutôt qu’à leurs opinions et commentaires plus réfléchis. 

Article du blog

En concluant, nous renvoyons ici à un autre article du blog qui conceptualise la mentalité politique que Twitter peut transmettre à ses utilisateurs. 

Youssef Rachid, Camille Guillemette et Simon Fraser

Bibliographie

Références utilisées pour la rédaction de cet article:

  • What is mob mentality. Kristen Polito, 8 mars 2017. Inpathy Bulletin. https://inpathybulletin.com/what-is-mob-mentality/


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