Hypersexualisation: médias sociaux, image de soi et estime personnelle

Avec l’évolution rapide de la technologie, le téléphone intelligent est probablement l’appareil le plus utilisé au quotidien. En effet, grâce à la mobilité, chacun peut se mettre en scène sur les réseaux sociaux à tout moment du jour. Ainsi, avec le dévoilement de soi, le sujet de l’hypersexualisation dans les médias sociaux est vite devenu très controversé.

Facebook, Twitter, Intagram, Tik Tok… toutes ces applications offrent aux usagers de devenir des producteurs de contenu. Ainsi, elles permettent de se « dévoiler » sur Internet, que ce soit de manière littérale ou figurée. Nous nous sommes alors questionnés sur l’hypersexualisation du corps dans les réseaux sociaux. Dans quelle mesure l’exposition de notre corps peut être qualifié de déplacée, d’artistique ou revendicatrice? Un tel dévoilement de notre intimité est-il cohérent avec les revendications liées à nos libertés individuelles? Devrait-on considérer les réseaux sociaux comme outils accélérant l’hypersexualisation ou comme un moyen concret de lutter contre celle-ci? 

L’hypersexualisation, c’est quoi?

Le phénomène d’hypersexualisation dans les médias sociaux ne date pas d’hier. En fait, on a découvert ce phénomène durant la révolution sexuelle des années 1960 (1). Selon le dictionnaire Larousse, c’est le « fait d’accorder une place de plus en plus importante à la sexualité, en multipliant les références à celle-ci dans l’espace public » (2). Avec l’avènement du numérique et des réseaux sociaux, la sexualité est devenue peu à peu une méthode de markéting efficace. Ainsi, sur les divers réseaux sociaux, il est facile de constater l’utilisation de la sexualité à des fins promotionnelles en tout genre. Ce phénomène amène sans aucun doute à une certaine l’hypersexualisation. Par ailleurs, cette tendance a été beaucoup propagée par les influenceurs/euses qui, à des fins de vente, vont utiliser leur corps de manière suggestive. En d’autres mots, la promotion d’un produit se fait à travers du contenu à caractère sexuel.

L’exposition du corps, mouvement revendicateur?

Bien que pour certains, l’hypersexualisation du corps dans les médias sociaux soit un phénomène négatif, pour d’autres, c’est tout le contraire. En effet, plusieurs femmes voient en l’exposition de leur propre corps sur les réseaux sociaux une possibilité de reprendre le contrôle sur leur sexualité. Après de nombreuses années à s’être fait sexualisées dans les médias traditionnels (cinéma, télévision et magazines) l’utilisation du corps dans les médias sociaux rejoint le phénomène de l’empowerment chez la femme. C’est ce qu’on appelle l’agentivité sexuelle. Ainsi, c’est « la capacité de prendre en charge son propre corps » (3). De cette façon, les femmes choisissent elles-mêmes l’image qu’elles souhaitent projeter et à quelle fins. Donc, elle ne sont plus de simples corps au service du désir masculin.

l'hypersexualisation dans les médias sociaux est souvent présent dans les selfie
l’hypersexualisation dans
les médias sociaux.
Pourquoi les influenceurs/euses utilisent-ils Instagram?

La grande majorité des influenceurs/euses ont choisi Instagram comme étant leur plateforme de prédilection. Pour quelles raisons ces créateurs de contenu privilégient-ils ce média numérique? Les raisons sont multiples. Premièrement, le fonctionnement même de la plateforme est favorable à la promotion de produits. L’image est au coeur de cette plateforme. Il est donc facile de promouvoir un produit par le biais de photographies ou de courtes vidéos. De plus, cette plateforme est très populaire chez les jeunes. En fais, 71% des utilisateurs d’Instagram ont moins de 35 ans (4). Cette tranche d’âge est souvent ciblée par les publicités.

Pour conclure, les opinions concernant l’exposition du corps sur les réseaux sociaux sont nombreuses. C’est en grande partie parce que la conception de l’intimité est différente pour chacun. Produire du contenu numérique à partir de l’exploitation de son propre corps, est-ce vraiment de l’exploitation? Surtout si cela est fait dans le but de contester des biais cognitifs profondément ancrés dans l’esprit collectif. Les réponses sont aussi diversifiées que les idéaux corporels, voire même, innombrable. Reste à savoir quelle sont les motivations de ces producteurs et si cette exposition demeure respectueuse pour ceux qui la crée et ceux qui la reçoivent.

Travail réalisé par: Camille Prégent-Terborch, Olivier Fleury, N’Nagbé-Corine Kaba

références:

(1). Papalia, Diane E., OLDS, Sally W. et FELDMAN, Ruth D., Psychologie du développement humain, Montréal, Groupe de Boeck, 2010, 7e éd., 482 p.

(2). « Hypersexualisation », Larousse. https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/hypersexualisation/188139?fbclid=IwAR3KXFt972UtLhIv1FmF38YJnRhILNemyCyTbKjEifG4GzjNDGWrlHp_zx4. [consulté le 20 novembre 2020]

(3). Lang, M.-È. (2011). L’ « agentivité sexuelle » des adolescentes et des jeunes femmes : une définition. Recherches féministes, 24 (2), 189–209. https://doi.org/10.7202/1007759ar

(4). Les 10 chiffres Instagram 2020 pour les entrepreneurs. https://fr.oberlo.ca/blog/chiffres-instagram. [consulté le 20 novembre 2020]

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