Mouvements féministes des temps modernes, à bas le slut shaming!

Bien que la société moderne évolue pour abandonner des prédispositions misogynes, la route vers l’égalité des sexes est encore longue. Chaque individu s’exposant sur la place publique est à risque de subir des jugements de valeurs souvent archaïques de la communauté du web. La critique à un clic y est grandement encouragée. L’article suivant souligne les manques d’équité que subissent les femmes victimes de « slut-shaming » sur les médias sociaux.

La culture populaire garde une forme de contrôle sur les rôles des individus s’identifiant comme cisgenres. Selon l’opinion générale, le traitement des hommes diffèrent grandement de celui réservé aux femmes, pour un même acte commis. De plus, avec l’apparition de différents médias de communication, la diffusion d’informations et d’opinions personnelles est facile. Lorsqu’une nouvelle fait réagir, l’engouement pour celle-ci devient tel que les personnes concernées étouffent.

Culture d’autrefois

Selon le Conseil du statut de la femme, la définition est la suivante : le « slut shaming » “désigne le fait de critiquer, stigmatiser, culpabiliser ou encore déconsidérer toute femme dont l’attitude, le comportement ou l’aspect physique sont jugés provocants, trop sexuels ou immoraux. Les attaques physiques et morales entretiennent l’idée que le sexe est dégradant pour les femmes” (CSF, 2021). L’arrivée d’Internet révolutionne le monde des médias et de la communication. Puis, telle que mentionnée par le Cyborg Manifesto, la plateforme s’identifie comme un endroit libre où l’égalité entre les genres et l’intimité identitaire est importante (Haraway, 1986).

Monica Lewinsky, suite à son scandale avec Bill Clinton, est reconnue par la culture populaire comme une figure emblématique du mouvement. Les médias, autrement dit la société, renforcent le sexisme et l’humiliation des femmes s’affichant comme des êtres plus qu’unidimensionnels. Pour ainsi dire, donner l’espace à des avis haineux, sous la couverture de liberté d’expression, normalisent la négativité de toutes images de femmes s’affirmant sexuellement. Dans son évolution, l’Internet est devenu un espace où les femmes sont sexualisées et soumises à des notions patriarcales oppressives (Tate, 2016).

«Pourquoi certaines personnes se permettent-elles de porter des jugements sur le corps et la sexualité des femmes?» -Charlie Desaulniers

Au sein des réseaux

Dans les années 80s, le terme «slut» désigne la promiscuité d’une femme. Aujourd’hui, la signification du terme s’élargit sur les réseaux sociaux et facilite l’humiliation de masse. Sur les réseaux sociaux, le «slut shaming» concerne majoritairement les femmes. Un homme publiant une photo torse nu passe sous le radar. Tandis qu’une femme publiant le même type de contenu reçoit des messages irrespectueux sur l’usage de son corps. Le « name calling » identifie négativement la femme exposant son corps, s’affirmant sexuellement. La croyance patriarcale affirme qu’une telle image ne conviendraient pas à celle préconçue de la femme (Tanenbaum, 2015).

www.shutterschock.com

Mouvement de responsabilisation

De plus en plus d’organisations luttent activement contre les vagues médiatiques. Celles-ci cherchent à éduquer le public sur la problématique. « The UnSlut Project » en est un exemple. Fondé en avril 2013, Emily Lindin fut touchée par les suicides de jeunes filles victimes de slut shame. Cet espace offre à toutes victimes de cyberattaques un accès à des ressources. L’organisme promeut l’égalité des sexes et la positivité sexuelle. Il fournit une éducation sexuelle complète, à jour, pour personnes de tous âges. Cet espace collaboratif autorise le partage d’histoires afin de sensibiliser à l’intimidation sexuelle et des traumatismes potentiels. « The UnSlut Project » participe au mouvement mondial #MeToo, incitant les victimes de harcèlement sexuel à dénoncer leurs agresseurs et partager leurs expériences.

Pratiques à bannir

Dans un article du Teen Vogue rédigé en juin 2016, Emily partage des gestes anodins ayant un impact majeur sur l’opinion populaire. Voici quelques exemples tirés de l’article, identifiés comme des formes de « slut shamming » :

  • blâmer une femme d’avoir pris des photos d’elle nue lorsque diffusées sans autorisation
  • se moquer des pratiques sexuelles d’autrui parce qu’elles nous sont peu communes,
  • supposer que le choix de vêtements d’une femme vise à tirer le regard des hommes
  • adopter un vocabulaire péjoratif sur les femmes qui ont des relations sexuelles et glorifier les hommes posant les mêmes gestes.

En bref, c’est en se conscientisant sur les micro-agressions quotidiennes et en ayant la volonté de changer l’attitude collective que peu à peu nous briserons cette habitude. Les vagues de « slut shaming » ne feront alors plus la une des médias.

Pour plus d’informations, consultez le site unslutproject.com, suivez Emily Lindin sur Twitter (@EmilyLindin) ou acheter le livre UnSlut : A diary and a Memoir.

Rédigé par Élodie Bisson, Sophie Theriault et Magali Langelier dans le cadre du cours EDM1560 – Automne 2021 – Université du Québec à Montréal

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