Fact Checking et Désinformation

 

Les élections présidentielles de ces dernières années furent des explosions folles d’affirmations en tout genre par les politiques. Et dans notre quotidien, nous sommes en permanence submergés par les informations, pas toujours vérifiées.Le fact-checking est donc lié à la prolifération des fausses informations. On parle d’ère de la « post vérité ».

Quelle est la différence entre le fact checking et la désinformation ?

Le fact-checking est un terme anglais qui signifie » vérification des faits ». Cette notion s’est d’abord développée aux états unis dans les années 1990. Le fact-checking répond à deux objectifs. Le premier est de mesurer le degré d’impartialité et d’objectivité des médias dans leur traitement de l’information, notamment lorsqu’ils abordent les questions politiques.

Ensuite, il permet d’évaluer la pertinence et l’authenticité de propos tenus par les hommes politiques en les confrontant avec des faits ou des discours anciens. Dans les deux cas, sont répertoriés les imprécisions, inexactitudes et omissions, les déformations de l’information, les informations vraies mais présentées hors de leur contexte, les reprises d’informations fausses et enfin le mensonge. La désinformation, c’est un ensemble de techniques de communication. Cela vise à donner une fausse image de la réalité dans le but de protéger des intérêts privés ou d’influencer l’opinion publique. 

Le Fact Checking, une nouvelle forme de journalisme ? 

La multiplication des fake-news est une aubaine pour les médias traditionnels qui sont de plus en plus sollicité pour vérifier les informations, et sont amenés à produire du journalisme de qualité. Au fur et à mesure des années, de plus en plus de journaux créent des postes pour s’occuper de la vérification d’information. Certains ont pris la décision de s’impliquer réellement dans le fact-checking en y dédiant par exemple des rubriques spéciales. 

Prenons l’exemple du Washington post : le journal à ouvert sa rubrique « fact-checker », celle-ci mets les internautes à contribution en leur donnant la possibilité de noter les déclarations des personnalités publiques donc sur une échelle de 5 à 0 (5 étant une grosse intox et 0 un fait qui est vrai). Vous pouvez y faire un tour juste ici : 

>>> TESTER LE FACT CHECKEUR <<<

Le journal à aussi un add-on qui lui permet de vérifier rapidement les informations tweeté par Donald Trump. Et ce n’est pas tout, il possède aussi un Truth teller qui est un robot en capacité de vérifier en temps réelle les informations donnée lors d’un discours politique en les comparant à un stock de données déjà vérifié.

Comment lutter contre la désinformation ?

Différents outils à destination du grand public existent pour lutter contre la désinformation. Par exemple l’outil de Google, depuis 2016, dans Google Actualités on peut trouver un label “vérification des faits” à côté de certains articles. Trois degrés de véracité sont établis par l’outil de recherche : “vrai”, “faux” ou “partiellement vrai”. Google a également lancé un nouveau moteur de recherche consacré au fact-checking. Cet outil baptisé « Fact Check Explorer » n’est pour l’instant accessible qu’a certains journalistes et organisations spécialisés dans le fact-checking mais pourrait être sur la voie d’une ouverture au grand public.

Facebook a lui aussi lancé un outil de fact-checking. Chaque utilisateur peut signaler une fausse information sur les publications de son fil d’actualité. Une fois signalée, des partenaire de Facebook vérifient l’information. (l’AFP, BFMTV, etc) Si une publication est qualifiée de fausse information par deux des organisations de Fact-checking, elle sera identifiée comme étant contestée, et moins relayés sur les fils d’actualités. 

Enfin, plusieurs médias ont mis en place des outils. Par exemple au Canada, FactsCan est un site de fact-checking sur les politiques canadiens qui se veut indépendant, transparent et non partisan. En France, il y a Le Décodex, mis en place par les Décodeurs (une rubrique du site Web du quotidien français Le Monde) en février 2017. C’est un moteur de recherche sur lequel les utilisateurs peuvent entrer l’adresse d’un site pour en connaître la fiabilité. Il y a aussi une extension gratuite pour les navigateurs Chrome et Firefox qui permet de voir directement si le site que l’on visite contient des informations fiable ou non. 

Quelles en sont les limites ?

L’une des failles ou faiblesses du fact checking se trouve dans sa nature. C’est-à-dire qu’il ne vérifie que les faits mais pas leur légalité. Dans certains débats politiques les idées, les propositions ne sont tout simplement pas réalisables car inconstitutionnelles, contraires aux lois. En effet, en politique, beaucoup se trompent et font l’objet de legal checking. Le fact-checking est également souvent ponctuel et prend du temps. Le risque est donc de ne pas savoir lesquelles des informations sont vraies ou fausses et de devoir attendre le fact-checking pour pouvoir en être sûr. De plus, certaines vérifications n’amènent pas toujours à l’information et la vérification des faits est parfois très partielle. Enfin parfois, même devant les faits on refuse de voir les vérités. 

Le fact-checking peut être l’antidote à la désinformation. Cependant il n’en dépend que de nous et de notre volonté à resté informé. Car oui, s’informer sur les médias ça s’apprend aussi. Je conclurais donc sur une citation de Laurent Bigot, journaliste pour le journal Français Le Monde :

« Je pense que la question fondamentale reste celle de l’éducation aux médias. Peut-être faudrait-il commencer par faire en sorte que les citoyens puissent se repérer dans le flot d’information en leur expliquant tout simplement ce qu’est l’information, ce qu’est le rôle des médias dans la société et comment ils travaillent (…) »

Méline Querré

 

Références:

https://medium.com/france/la-post-vérité-les-médias-le-fact-checking-et-donald-trump-3acbcefb8727

https://www.tunisienumerique.com/google-lance-loutil-fact-check-indiquer-veracite-de-linformation/

https://revueprogressistes.files.wordpress.com/2018/07/progressistes-n20-basdef-2.pdf

https://brandspurng.com/2017/04/10/google-adds-fact-check-to-global-search-results/

https://developers.google.com/search/docs/data-types/factcheck

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