L’impact des filtres de beauté sur la santé mentale

Source: https://www.womenshealthmag.com/

Les filtres de beauté sur les réseaux sociaux ont été tranquillement incorporés dans le quotidien des utilisateurs de ses plateformes. Que se soit Instagram, Snapchat et maintenant Facebook, les filtres sont une modalité incontournable. Le phénomène des filtres n’est en fait que la suite logique de la culture selfie, qui existe déjà depuis plusieurs décennies. Les selfies sont originaires du mouvement Kawai1, mouvement qui est extrêmement centré sur les traits féminins adorables (girly cuteness). Durant les années 90 au Japon dans les Purikura2, une culture de selfie modifiée est apparue. Initialement retrouvée que dans des photomatons, cette tendance s’est aussi dévelopée en occident. Cependant, maintenant que les filtres font partie du quotidien, quels sont les impacts de ceux-ci sur nos rapports aux corps et aux standards de beauté ?

Les instagrammeurs et les TikTokers

Nous avons reconnu Instagram pour être nocif pour la santé mentale des jeunes, et plus particulièrement des jeunes filles, et encore plus lorsque celles-ci sont déjà sensibles mentalement. Les filtres présents sur Instagram modifient les visages et les corps selon des filtres prédéfinis crées par des créateurs de filtres. Pour ce qui est de TikTok, on va plus loin encore où les filtres permettent des modifications presque sans fin. Certains filtres se trouve même dans la catégorie « beauté » des filtres. Ceux-ci vont modifier les caractéristiques d’un visage vers sa version optimale « objective » de beauté.

Or, les filtres sur les réseaux sociaux n’affectent pas seulement les demoiselles; les jeunes hommes aussi en sont victimes. Même si les utilisateurs savent qu’il s’agit de beauté atteinte par l’entremise de filtres, iels veulent tout de même ressembler à cela. On est capable de faire un lien avec les filtres de beauté, les réseaux sociaux et l’augmentation de demande de chirurgie mineure cosmétique. Ceci expliquerait les injections de botox aux lèvres qu’on voit augmenter en popularité depuis que la tendance préfère les lèvres pulpeuses (Kylie).

Un miroir déformant

Le rapport au corps dans la vraie vie comparé à la vie en ligne n’est pas le même. Tout comme lorsqu’on se regarde dans le miroir, on ne se voit pas forcément comme les autres nous voient. Nous sommes des êtres sociaux qui vivent dans une société capitaliste. Ce n’est pas un hasard qu’une aussi grande importance soit accordée à l’apparence et à la beauté. Ceci explique l’anxiété que ces jeunes ressentent par rapport à leurs images. Ça explique aussi le soulagement lorsqu’iels apprennent qu’iels paraissent mieux avec le filtre inversé.

Comme on l’a vu dans l’article3 de toutes les façons, on peut se mettre d’accord sur le fait que ces filtres donnent un grand effet émotionnel à cet usage. Que ce soit positif ou négatif, il y a un grand impact. Ce filtre, qui n’amplifie pas la réalité mais bien au contraire la souligne, permet à certaines personnes de se célébrer et à d’autres de remettre en question la fréquence de l’usage des filtres. Par la même façon, certaines personnes ont compris pourquoi iels paraissaient si mal lorsqu’iels prennent des photos d’eux avec leur iPhone4.

Instagram face: the gradual emergence, among professionally beautiful women, of a single, cyborgian face. It’s a young face, of course, with poreless skin and plump, high cheekbones. It has catlike eyes and long, cartoonish lashes; it has a small, neat nose and full, lush lips.

https://www.newyorker.com/

Sur Snapchat l’effet est tout aussi dévastateur par rapport à la dysmorphie physique, et sur Instagram on parle de visage Instagram5, ce qui fait qu’on se retrouve partout dans les réseaux sociaux avec une version différente de nous même.

La perfection à tout prix

Le désir d’être parfait-e, selon des standards complètement arbitraires et difficilement atteignable naturellement, exige des interventions. Il est inévitable pour un très grand nombre d’utilisateurs de se sentir insécure de leurs apparences. Les algorithmes sont conçus pour propulser les gens qu’iels considèrent beaux vers un plus grand nombre d’abonnés et plus de visibilité, soit du revenu éventuel pour certains. Les influenceurs ont normalisé la chirurgie esthétique.

Kylie Jenner est la première personne qui nous vient en tête dans ce sujet. Elle fut une des premières à populariser la chirurgie sur les réseaux sociaux. Elle en a retiré bien des gains financiers et sociaux. Suite à cela, de plus en plus de femmes en viennent à se tourner vers la chirurgie plastique pour ressembler le plus possible à leur version avec filtre de beauté, en témoignent les chirurgiens.

Source: Refinery29

Nous avons testé le phénomène de nous même. En faisant de simples recherches Google, voici ce que nous avons reçu comme résulats. Chez les jeunes hommes, c’est plutôt la prise de stimulants en grande quantité qui semble être la problématique. De plus, de jeunes hommes essaient d’atteindre des corps parfaits. On les voit êtres présentés avec de nouveaux standards sur les réseaux sociaux. Autrefois, les rumeurs d’acteurs prenant des stéroïdes faisaient les nouvelles, et maintenant, ce sont les influenceurs qui se retrouvent en procès. Ceci étant dit, plusieurs jeunes hommes se tournent donc vers une prise de suppléments extrêmement nocive pour eux, et de manière peu sécuritaire. Sur l’application TikTok, il est monnaie courante de voir des vidéos de transformation extrême en moins de 3 minutes. On peut voir des jeunes adolescents de 15 ou 16 ans exposer ouvertement leur prise de stéroïdes.

Personne n’échappe au désir du corps parfait sur les réseaux sociaux. Certains sont capables d’être ouverts par rapport aux modifications corporelles entamées et à la prise de stimulants. Ca n’empêche qu’un grand pourcentage d’utilisateurs choisit de ne montrer que les photos ou les vidéos parfaites.

1 https://www.technologyreview.com/2021/04/02/1021635/beauty-filters-young-girls-augmented-reality-social-media/

2 https://www.lesoleil.com/2020/08/02/le-purikura-le-photomaton-des-jeunes-japonaises-qui-survit-au-selfie-photos-fcdaa824cea5f3fe3194736aa5f27fb4

3https://www.techtimes.com/articles/260906/20210601/tiktok-users-inverted-filter-ease-up-body-dysmorphic-disorder

4https://photovideolounge.com/3225/iphone-camera-30-selfie-distortion/

5https://www.forbes.com/sites/annahaines/2021/04/27/from-instagram-face-to-snapchat-dysmorphia-how-beauty-filters-are-changing-the-way-we-see-ourselves/?sh=1ff011e84eff

Par Hadaya Samatar, Tudor Ionut pour Faculté de communication UQAM cours edm1560

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